nn1.gif (2843 octets) Pollution de l'air

Actuellement, la Région Nord Pas de Calais se dote d'un PPA (Plan de Protection de l'Atmosphère)

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Le rapport "Etude Phyto Air" a été publié en 2005
C'est l'"Etude de la contamination du compartiment atmosphérique en produits phytosanitaires de la Région Nord Pas de Calais".

Il est téléchargeable sur le site "Atmo Nord Pas de Calais" :
http://www.atmo-npdc.fr/admin/mediatheque/Rapport%20Phytoair-Octobre%202006.pdf

et ici : http://www.nord-nature.org/environnement/pollutions/air/Rapport- Phytoair-Octobre 2006.pdf

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Article de J. ISTAS publié dans le bulletin spécial (n°99) "Santé et environnement"

 

L'AIR QUE NOUS RESPIRONS

 

L'homme a besoin de respirer pour vivre. Chaque jour nous respirons entre 10 000 et 15 000 litres d'air qui entrent en contact avec nos poumons. Si l'eau de sa localité n'est pas potable, l'homme peut consommer faute de mieux de l'eau en bouteille. Mais à moins de déménager, il ne peut se soustraire à l'air qui lui est imposé.

L'air contient en volume : 78 % d'azote, 20,9 % d'oxygène, des gaz rares et inertes (qui ne se combinent pas avec d’autres), donc inoffensifs, argon, néon, hélium, krypton, xénon, des gaz en traces plus ou moins importantes susceptibles de réactions chimiques, donc pouvant influencer les processus vitaux, positivement ou négativement, méthane, oxydes d’azote, hydrogène, anhydride sulfureux, vapeur d’eau... Il peut s’y ajouter des polluants divers accidentels. Toute substance qui se trouve en proportion anormale dans l’air ou qui ne devrait pas s’y trouver est à considérer comme un polluant.

 

Bilan régional gaz carbonique / oxygène

L'oxygène est un élément vital. La région Nord Pas-de-Calais, en raison de sa forte densité démographique, de ses émissions de polluants, notamment de sa pollution routière, et de son manque d'espaces verts, est caractérisée par une surproduction de gaz carbonique qui contribue à l'effet de serre et un déficit considérable de production d'oxygène. Pratiquement, nous vivons grâce à l'oxygène produit ailleurs.

Nous n'insisterons pas ici sur cette question que Nord Nature a développée dans le numéro 85 de sa revue et dans sa plaquette "Comment le Nord-Pas-de-Calais contribue à l'effet de serre".

 

La loi sur l’air de 1996

En 1996, la législation française a pour la première fois pris nettement en compte le principe des relations d'ensemble entre pollution atmosphérique et santé.

D'après la loi sur l'air de 1996, la pollution atmosphérique est définie comme "l'introduction par l'homme, directement ou indirectement, dans l'atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives".

Nous examinerons ici uniquement les relations entre pollutions et santé humaine, approuvant le principe énoncé dans l'article 1 de la loi sur l'air de 1996 déclarant que "l'objectif est la mise en œuvre du droit reconnu à chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé".

 

 

LES PRINCIPAUX POLLUANTS ATMOSPHERIQUES EXERCANT UNE INFLUENCE SUR LA SANTE ET LEUR ORIGINE

 

Le dioxyde de soufre ou anhydride sulfureux (SO2)

Il se forme à partir de la combustion du charbon, du fuel, du gazole qui contiennent du soufre. Il provient des chauffages au fuel et au charbon et surtout d'activités industrielles (installations thermiques, raffineries…)

Les rejets de dioxyde de soufre d'origine industrielle ont beaucoup diminué depuis une vingtaine d'années, mais ils représentent encore des quantités considérables. Ils sont actuellement évalués à 70 760 tonnes par an dans notre région. Au total, selon la DRIRE, ce sont 90 760 tonnes de dioxyde de soufre que rejette annuellement le Nord-Pas-de-Calais (1), soit 8,7% des rejets français (2)

 

Les oxydes d'azote (NO, NO2, NOx)

Ils résultent de l'oxydation de l'azote à haute température. Ils proviennent essentiellement des gaz d'échappement des véhicules routiers à essence, à un moindre degré de certaines industries (fabrication d'acide nitrique, galvanoplastie) et également des installations de combustion au fuel ou au charbon.

Les émissions d'oxydes d'azote sont importantes dans les régions à forte densité de population et à fort trafic routier. Les taux les plus élevés sont constatés près des voies de circulation et sous le vent d'établissements industriels polluants. Elles ont augmenté ces derniers temps en raison de l'accroissement du trafic routier.

Dans la région Nord-Pas-de-Calais les rejets d'oxydes d'azote sont évalués, selon la DRIRE, à 108 670 tonnes par an (1), soit 6,3% des rejets français (2), les arrondissements de Lille, de Valenciennes et d'Arras venant en tête des émissions polluantes avec des rejets annuels respectifs de 21 963 tonnes, 17 845 tonnes et 14 345 tonnes (2).

 

Les poussières

Ce terme regroupe les particules respirables, solides ou liquides, en suspension dans l'air et pouvant atteindre les poumons. Leurs origines sont très diverses : circulation routière (véhicules fonctionnant au diesel), activités industrielles (notamment cimenteries, centrales électriques alimentées au fuel ou au charbon), chauffages. Elles peuvent véhiculer d'autres polluants comme les COV, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les métaux lourds. Selon leur nature, leur dimension et leur éventuelle combinaison avec des polluants gazeux les poussières ont un impact plus ou moins néfaste sur l'organisme humain. Les grosses particules de diamètre supérieur à 10 µm sont retenues par les voies aériennes supérieures (nez et pharynx) . Celles qui ont un diamètre de 5 à 10 µm restent au niveau des grosses voies aériennes (trachée, bronches). Les plus fines, celles qui ont un diamètre inférieur à 5 µm, pénètrent dans les alvéoles pulmonaires.

Les poussières catalysent les réactions chimiques avec les gaz et contribuent à la formation de smogs . (Le smog est un mot anglais formé par la contraction du verbe « to smoke » = fumer et du mot « fog » = brouillard. Il signifie « brouillard toxique par mélange avec à des fumées »).

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, les poussières émises annuellement sont estimées dans leur ensemble par la DRIRE à environ 28 000 tonnes(1), soit 13% des rejets français .

 

Le monoxyde de carbone (CO)

Il provient de la combustion incomplète des combustibles . On le trouve à proximité des sources d'émission dont les principales sont l'automobile et certains systèmes de chauffage.

 

L'acide chlorhydrique (HCl)

Il a principalement pour origine l'incinération des ordures ménagères et la combustion de certains charbons. Dans les usines d'incinération d'ordures ménagères, c'est la combustion des plastiques (PVC) qui génère la plus grande quantité d'acide chlorhydrique. L'incinération des papiers, cartons et caoutchoucs y contribue aussi à un degré moindre.

En 1998, les rejets régionaux d'acide chlorhydrique ont été estimés à 4000 tonnes par an(2).

 

L'ozone

A basse altitude, l'excès d'ozone est néfaste pour la santé de l'homme et pour l'environnement. C'est un polluant secondaire, car issu de la transformation d'autres composés, se formant au niveau du sol par l'action du rayonnement solaire sur des polluants primaires, essentiellement les oxydes d'azote et les hydrocarbures. Il résulte d’une circulation automobile intense durant des journées fortement ensoleillées.

A haute altitude, au contraire, la couche d'ozone joue un rôle vital, car elle filtre les rayons ultraviolets. C'est sa dégradation qui est dangereuse, car elle risque de laisser passer vers la terre les rayons ultraviolets les plus pénétrants.

Malheureusement, l'excès d'ozone à basse altitude ne peut compenser le trou d'ozone à haute altitude.

 

Les hydrocarbures

Ils sont variés. Ils proviennent de la combustion incomplète du charbon et des dérivés pétroliers. Dans les villes, les émissions des véhicules routiers, notamment celles des véhicules à moteur diesel en sont la source majeure sous forme d’aérosols.

 

Les composés organiques volatils (COV)

Les composés organiques volatils (hydrocarbures, solvants…) proviennent de la circulation automobile, de l'industrie et de l'utilisation de solvants. Ils empêchent la destruction naturelle de l'ozone troposphérique. Leur point commun est de se retrouver dans l'air par évaporation.

Selon la DRIRE, les rejets de COV du Nord-Pas-de-Calais sont estimés à 140 710 tonnes par an (1), soit 4,9% des rejets français..

 

Les aldéhydes

Ils se forment par oxydation des hydrocarbures et proviennent de l'industrie et des transports routiers

Cette liste n'est pas limitative, nous ne citons que les principaux polluants atmosphériques ayant un impact sur la santé et sévissant dans notre région. Nous examinerons dans des chapitres ultérieurs le cas des métaux lourds, des dioxines et celui de la pollution radioactive, dont les principales modalités d'agression de l'organisme sont autres que celles des voies respiratoires.

 

PRINCIPALES SOURCES DE LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE DANS LE NORD PAS DE CALAIS

 

Les deux principales sources sont les industries et les transports. Il s'y ajoute les activités domestiques.

La pollution industrielle

Le Nord-Pas-de-Calais souffre de nombreuses pollutions industrielles. Les usines les plus polluantes de notre région se situent dans le secteur Dunkerque-Calais, dans l'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing , à Douai et dans le bassin minier.

Pour le dioxyde de soufre, la part de l'industrie est prépondérante. Les 90 760 tonnes émises annuellement par la région se répartissent ainsi selon une enquête CITEPA de 1994 : 71,5% par l'industrie, 9,6% par les transports, 7,8% par le secteur résidentiel (chauffages…), 7,1% par les centrales thermiques produisant l'électricité, 4% par diverses sources.

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Le Dunkerquois vient en tête avec l'usine Sollac à Dunkerque qui en rejette à elle seule 10 965 tonnes par an (1) et Total Raffinage Distribution à Loon Plage qui en émet 8040 tonnes ! Ils sont suivis par l'usine Métaleurop de Noyelles-Godault dans le bassin minier qui en rejette 8583 tonnes par an.

Pour le dioxyde d'azote, les plus gros rejets sont également le fait du fleuron du Dunkerquois, l'usine Sollac qui en envoie annuellement 9325 tonnes dans l'atmosphère, le second rang étant tenu par l'usine Grande Paroisse à Mazingarbe dans le basin minier, qui émet ses 3 336 tonnes annuelles , tandis qu'à Loon Plage, Total Raffinage Distribution ne demeure pas en reste avec des rejets de 2 078 tonnes (1).

En ce qui concerne les émissions industrielles de poussières, c'est encore l'usine Sollac de Dunkerque qui détient la palme avec 4 220 tonnes de poussières rejetées dans l'atmosphère en 1998, suivie de la SFPO de Boulogne sur Mer avec 920 tonnes (1). Si l'on veut faire une cure d'air pur sur notre littoral, il convient d'y regarder à deux fois.

Pour les émissions de Composés Organiques Volatils, c'est l'usine Renault de Douai qui arrive en tête avec 2520 tonnes rejetées annuellement, suivie de Sevelnord à Hordain avec 1 358 tonnes, puis de MCA à Maubeuge avec 1 214 tonnes .

Quant aux rejets d'acide chlorhydrique, ils ont été estimés en 1998 à 4000 tonnes par an, la plus grande part, 3300 tonnes, étant générée par les usines d'incinération d'ordures ménagères, notamment celles de Noyelles sous Lens, Maubeuge, Hénin-Beaumont et Petite Synthe (1).

Nous ne citons ici que les plus gros pollueurs, une multitude d'autres usines polluantes s'y ajoutent, situées dans diverses villes du Nord-Pas-de-Calais, de sorte que peu de zones sont épargnées. Pour le détail, nous renvoyons le lecteur à la brochure de la DRIRE "l'Industrie au regard de l'Environnement" qui est réactualisée chaque année.

 

Les transports

Les transports routiers, beaucoup plus polluants que les transports par rail et par voie d'eau, se sont fortement accrus en raison de leur sous-tarification due elle-même à la non intégration de leurs coûts externes environnementaux et sociaux. En particulier, le coût très bas du gazole, qui commence seulement à augmenter, a encouragé la prolifération des poids-lourds.

Il en est résulté dans l'ensemble de la France un accroissement de la pollution due à la circulation routière. Le Nord-Pas-de-Calais, région de forte densité démographique, où se combinent trafic international, trafic régional et intense trafic urbain est particulièrement touché par ce phénomène, qu'il s'agisse des transports de marchandises ou des transports de passagers.

Le trafic international se situe surtout au niveau de l'autoroute A 1 où circulent 35 000 véhicules par jour à hauteur du péage de Fresnes, 52 000 à hauteur d’Hénin-Beaumont et 109 000 à l’entrée de Lille (chiffres CETE 1998). Au péage de Fresnes, 34 % des véhicules sont des poids lourds de transit. Si le laisser-faire continue dans ce domaine, une expansion de ce trafic est à craindre suite à l'ouverture des frontières dans l'Union européenne.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, les transports sont cause, par an, de l'émission de 56 090 tonnes d'oxydes d'azote , soit de 51, 6 % des quantités rejetées , de 8 730 tonnes de dioxyde de soufre, soit de 9,6 % des rejets, de 57 040 tonnes de composés organiques volatils, soit de 40,5 % des rejets (2). Dans la zone d'Arras, les transports routiers représentent, avec 8 118 tonnes rejetées, 72,1 % des émissions d'oxydes d'azote (3).

Sur le plan local, le coût relativement faible du carburant a incité à l'étalement urbain et à une mobilité croissante, beaucoup de personnes n'hésitant pas à faire construire une maison loin de leur lieu de travail. En ville, la plupart des déplacements s'effectuent en voiture individuelle, faute d'offres alternatives satisfaisantes.

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Image connue . . .

La circulation routière constitue aujourd'hui le facteur principal de la pollution atmosphérique en ville. Les embouteillages l'aggravent, d'autant qu'un moteur tournant au ralenti pollue plus. Les moteurs à essence rejettent oxydes d'azote, monoxyde de carbone, gaz carbonique, hydrocarbures imbrûlés, poussières et plomb . Ce dernier a diminué avec la production de supercarburant sans plomb, mais celui-ci contient jusqu'à 5 % de benzène, produit très toxique susceptible de provoquer des leucémies, auquel on est exposé par les gaz d'échappement ou lors du remplissage du réservoir de la voiture. Quant aux moteurs diesel, ils rejettent moins de monoxyde de carbone , mais ils émettent du dioxyde de soufre et des poussières très dangereuses.

A nature et quantité équivalentes de polluants, les émissions provenant du trafic routier ont plus de probabilités que les autres de toucher les populations vivant à proximité. En effet, les polluants dus aux industries et aux chauffages domestiques sont évacués par des cheminées à une certaine hauteur et, dans des conditions météorologiques non défavorables, ils sont dispersés, alors que les gaz d'échappement des véhicules routiers sont dégagés près des populations à hauteur des voies respiratoires.

 

Les activités domestiques

Elles contribuent aussi à la pollution atmosphérique.

Compte tenu de la densité de la population, les chauffages domestiques constituent une source importante de pollution, de façon directe ou indirecte. Les chauffages au fuel et au charbon polluent de façon directe et les chauffages au charbon sont nombreux dans le bassin minier. Les chauffages électriques sont au moins aussi néfastes pour l'environnement, soit que l'électricité provienne de centrales thermiques fonctionnant au fuel ou au charbon, soit qu'elle soit produite dans des centrales nucléaires (voir chapitre "nucléaire").

La production démesurée de déchets domestiques contribue aussi indirectement à la pollution de l'atmosphère quand ceux-ci, par exemple les plastiques PVC, sont brûlés dans des incinérateurs, contribuant aux rejets de dioxine et d’acide chlorhydrique.

Par ailleurs, l'utilisation de produits présentés en bombes, dont les gaz propulseurs sont des C.F.C. (Chloro Fluoro Carbones), participe à la destruction de la couche d'ozone bénéfique de haute altitude.

D'une façon générale, c'est dans les zones d'habitat, de circulation et d'industries denses que le cocktail de polluants est particulièrement concentré. Et la comparaison des taux de cancers selon les zones confirme ce que le bon sens laissait deviner : quinze personnes sur cent mille ont un risque de cancer à la campagne et quatre vingt sur cent mille en ville (4).

Toutefois, une part de ces polluants est exportée au-delà de leur lieu d'origine. Leur dispersion est caractérisée par une grande variabilité et peut réserver des surprises. Tous les polluants ont été recensés de façon mesurable en haut de la Jungfrau. On trouve parfois paradoxalement des concentrations d'ozone plus fortes à la périphérie des villes ou dans les zones rurales proches qu'au centre des villes et près des axes de circulation ! (4) Cela montre bien qu'il ne suffit pas de faire construire son pavillon dans une zone verte, pour être épargné par la pollution, mais qu'il convient d'agir en amont sur les causes de pollutions.

 

L'INFLUENCE DE LA METEOROLOGIE

La dissémination et la concentration des polluants dans l'air dépendent étroitement des conditions météorologiques.

Le brouillard met les polluants en solution dans ses gouttelettes d'eau et les maintient en suspension dans l'air. Ainsi se forme le smog, brouillard toxique.

La pluie, par contre, lave l'air, en précipitant les polluants vers le sol et les eaux de surface. L'atmosphère est plus saine, mais il y a transfert de polluants vers d'autres milieux.

Les inversions de température

Normalement, plus on s’élève en altitude, plus l‘air est froid. L’air chaud est plus léger que l’air froid, c’est pourquoi une fumée monte. Mais si une couche d’air chaud apparaît en altitude (vent passant au-dessus d’une colline, refroidissement nocturne en fond de vallée, réchauffement de l’air en altitude par le soleil le matin avec brouillards en dessous...), l’air qui est en bas, contenant les fumées et les gaz d’échappement, ne peut plus monter, car l’air en altitude est plus chaud que lui. Les pollutions se concentrent donc en bas.

L'ensoleillement déclenche, par l'intermédiaire de ses rayons ultraviolets, des réactions chimiques entre divers polluants. A basse altitude, il favorise la production d'ozone.

Un temps sec favorise les envols de poussières.

Le vent transporte et disperse les polluants, parfois sur de longues distances. Lorsqu'il vient de l'est ou du nord-est, il peut nous apporter des polluants de la Ruhr ou du bassin minier belge.

Sur le littoral peuvent se produire, par situation anticyclonique, une brise de terre la nuit et une brise de mer de jour. S'il y a émission de polluants sur le littoral, la brise de terre les évacue de nuit vers la mer, mais la brise de mer les ramène de jour vers la terre. Cette navette de la pollution se produit assez fréquemment à Dunkerque.

Dans notre région, de grosses unités polluantes ont été implantées à proximité d'agglomérations urbaines, sans qu'il soit tenu compte des conditions météorologiques et les fumées sont souvent rabattues sur les quartiers d'habitations. C'est le cas à Dunkerque, Lille et Boulogne.

Certaines variations climatiques peuvent favoriser des pointes de pollutions.

 

 

Ce  n'est pas la météo qui pollue l'air, ce sont les rejets polluants

 

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IMPACT DE LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE SUR LA SANTE

Les polluants atmosphériques ont des effets sur la santé, immédiats ou retardés.

Ceux-ci sont plus ou moins importants selon le type d'exposition, chronique ou aiguë, la nature des polluants, l'âge et l'état de santé de l'individu qu'ils agressent. Ils peuvent être à court ou à long terme.

 

Polluants

Effets nocifs pour la santé

Dioxyde de soufre

Irritation et spasmes des bronches pouvant survenir à partir de 2 ppm (parties par million) chez le sujet sain, à partir de 0,2 ppm chez l'asthmatique.

Oxydes d’azote

Irritation des bronches et augmentation des crises d’asthme.

Poussières en suspension

Irritation des bronches, altération de la fonction respiratoire, aggravation de l’asthme, effets cancérigènes notamment dans le cas des particules diesel, implication des particules diesel dans la sensibilisation aux allergènes, par exemple à certains pollens responsables de rhinites allergiques.

Monoxyde de carbone

Réduction de la capacité du sang à transporter l’oxygène, d’où troubles cardiaques, respiratoires, sensoriels et surtout nerveux (cérébraux). Risque d’asphyxie.

Acide chlorhydrique

Irritation très forte des yeux et des bronches.

Ozone

1°) Excès à basse altitude : irritation des yeux et des bronches ; toux, essoufflement, chez les asthmatiques abaissement du seuil de réactivité aux allergènes et majoration de l’hyperréactivité bronchique.

2°) Diminution de la couche d’ozone à haute altitude (à 25 km d’altitude) : risque de développement des cancers de la peau, d’effets nocifs pour les yeux (photokératite, rétinopathie solaire aigüe, cataracte), et d’affaiblissement du système immunitaire à l’égard des infections.

Hydrocarbures cycliques / Composés organiques volatils

Effets mutagènes et cancérigènes, irritation des bronches. Très dangereux : le benzène et surtout les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Aldéhydes

Irritation des bronches, effets mutagènes et cancérigènes.

 

 

Ces pollutions atmosphériques s'additionnent souvent les unes aux autres et agissent parfois en synergie. Ainsi le dioxyde de soufre agit en relation avec les poussières en irritant les muqueuses et les voies respiratoires.

 

Les pollutions atmosphériques diminuant la résistance de l'appareil respiratoire aux infections, elles favorisent les infections oto-rhino-laryngologiques (rhinites, rhino-pharyngites, angines) et les infections respiratoires (bronchites) aiguës ou chroniques, ainsi qu'une augmentation des cancers de l'appareil respiratoire.

Les effets immédiats des augmentations de pollutions sont les plus aisés à constater en raison du bref délai entre le taux de concentration des polluants et l'apparition des troubles de santé.

Par contre les effets retardés, notamment les cancers qui mettent plusieurs années à se développer et peuvent dépendre de plusieurs facteurs, sont plus difficiles à recenser et moins facilement perceptibles par la population.

 

L'étude ERPURS

L'Observatoire Régional de la Santé d'Ile de France a fait paraître les résultats d'une étude portant sur cinq ans à partir de 1987 et concernant les effets aigus immédiats de la pollution atmosphérique sur la santé. Dans le cadre de cette étude, le groupe de travail ERPURS (Évaluation des Risques de la Pollution Urbaine sur la Santé) a analysé l'impact des pics de pollution sur l'activité sanitaire dans la région parisienne (5).

L'étude a mis en évidence :

une augmentation de la mortalité

augmentation de la mortalité globale allant de + 1 à + 6,2% selon les polluants et les niveaux enregistrés, le taux le plus fort correspondant à des taux élevés de dioxyde de soufre (SO2)

augmentation de la mortalité pour cause respiratoire en rapport avec l'élévation de la quantité de poussières en suspension inférieure à 13µm , et allant de + 7 à + 7,8%

augmentation de la mortalité pour cause cardiovasculaire liée à l'augmentation des fumées noires et surtout du dioxyde de soufre avec un décalage de 0 à 3 jours. Le surcroît de mortalité a atteint 9,6% lors du constat des taux les plus élevés de ce polluant.

Sans doute s'agit-il dans la plupart des cas de décès anticipés de personnes fragiles qui seraient décédées un peu plus tard. De toutes façons, il y a eu diminution de leur espérance de vie.

une augmentation des hospitalisations

augmentation des hospitalisations pour cause respiratoire influencées par des élévations des quantités de fumées noires, de dioxyde de soufre, d'oxyde d'azote et d'ozone. Les augmentations d'hospitalisations de personnes âgées ont été de + 8,6% pour le dioxyde de soufre et de 8,7% pour l'ozone.

augmentation de + 19% des hospitalisations de personnes âgées pour des bronchopneumopathies chroniques obstructives lors des taux les plus élevés d'ozone

augmentation des hospitalisations pour asthme influencées par le dioxyde de soufre ou le dioxyde d'azote. Selon les niveaux, les élévations de dioxyde de soufre ont entraîné des augmentations d'hospitalisations de + 5,8% à +14,2% pour les enfants et celles de dioxyde d'azote des augmentations d'hospitalisations de + 3,1% à +15,9% pour les adultes.

augmentation des hospitalisations pour cause cardiovasculaire influencée par les taux de fumées noires, de poussières en suspension, de dioxyde de soufre et de dioxyde d'azote, allant de + 1,2% à + 11% selon le polluant et le taux.

une augmentation des visites médicales à domicile

en cas de forte pollution par le dioxyde d'azote. Elle a été de + 28,2 % pour affection des voies respiratoires supérieures chez l'enfant et de + 30% pour affection des voies respiratoires inférieures chez l'adulte.

Des épisodes de forte pollution par le dioxyde d'azote ont même entraîné une augmentation de + 62,8% des visites médicales à domicile chez des personnes de tous âges.

une augmentation des arrêts de travail pour pathologies respiratoires en corrélation avec des élévations de dioxyde de soufre, de dioxyde d'azote et de poussières en suspension , allant de +5,7% à + 23,2% selon les polluants et les taux.

Cette étude a permis de démontrer les liens entre pollution atmosphérique et atteintes à la santé que bien des gens de bon sens avaient constatés depuis longtemps chez eux-mêmes ou dans leur entourage.

 

Enquêtes effectuées dans le Nord-Pas-de-Calais

Plusieurs enquêtes effectuées dans la région ont confirmé ce que beaucoup de personnes sensées avaient remarqué en observant leur entourage.

 

A Denain-Quiévrechain

Une enquête effectuée à Denain-Quievrechain publiée en 1977 (6) a montré les relations entre le nombre d’arrêts de travail pour affections respiratoires aiguës et les niveaux de l’acidité forte et des fumées noires.

 

A Lille

En 1978-79, une enquête a établi une relation significative entre les affections respiratoires aigües relevées en médecine de ville et le niveau moyen journalier de fumées noires à J –1 et d’acidité forte à J – 2 (7).

 

A Dunkerque

En 1981-82, une enquête menée à Dunkerque par des omnipraticiens a mis en évidence une liaison significative entre le nombre quotidien d’affections des voies aériennes supérieures et les variations de niveau des fumées noires, de l’acidité forte, du dioxyde de soufre, des oxydes d’azote et des hydrocarbures totaux (8).

 

Sur le littoral Calais Dunkerque

En 1992-93, une enquête épidémiologique menée par l'APPA (Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique) et l’ORS (Observatoire Régional de la Santé) sur le littoral Calais Dunkerque a mis en évidence chez les enfants une augmentation de la fréquence des troubles bronchitiques et des sinusites en relation avec les émissions de dioxyde de soufre correspondant à une pollution "de fond" avec des variations modérées de taux de polluants ne comportant pas d'épisodes de forte pollution . Au cours de cette enquête, il a été observé qu'un taux moyen journalier de 125 µg / m3 indiqué comme chiffre limite acceptable par l'Organisation Mondiale de la Santé déclenchait déjà de légères perturbations fonctionnelles chez les enfants fragiles (9).

 

A Armentières

Du 1er au 30 juin 1996, une étude a été effectuée à Armentières, ville soumise à une pollution oxydante (ozone) en provenance de l’agglomération lilloise, sur un panel de 91 enfants de cours moyen qui ont noté les résultats de mesures biquotidiennes, au lever et au coucher, du débit respiratoire de pointe, ainsi que la présence en cours de journée de symptômes respiratoires. Les niveaux ambiants d’ozone sont restés modérés en raison d’un temps relativement froid et humide pour la saison.

Il a été observé qu’à une augmentation de 30 µg du niveau d’ozone correspondaient une baisse moyenne de 1,9 l/mn du débit de pointe du soir et une augmentation de la prévalence journalière de la toux. L’exposition des enfants à des niveaux pourtant modérés d’ozone dans l’atmosphère a provoqué des réactions au moins transitoires de l’appareil respiratoire (10).

Les populations à risques

L'impact des pollutions sur la santé est variable selon les individus. Les individus les plus sensibles aux pollutions sont les personnes souffrant par avance d'affections respiratoires (mucoviscidose, asthme, bronchite chronique, insuffisance respiratoire chronique…), les insuffisants cardiaques, les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes associant d'autres facteurs de risque tels que tabagisme ou exposition professionnelle à l'inhalation de particules, de fumées ou de gaz toxiques.

Les bronchitiques et les asthmatiques sont particulièrement sensibles aux pollutions. Chez les bronchitiques chroniques, qui ont les bronches enflammées de façon quasi permanente, elles favorisent les poussées infectieuses. Chez les asthmatiques , dont les bronches sont aussi toujours quelque peu enflammées, elles accroissent la gravité des crises. Ils réagissent à des concentrations de SO2 dix fois plus basses que les sujets sains et il arrive qu'ils réagissent de façon violente aux facteurs d'irritation. Chez les insuffisants respiratoires chroniques et les cardiaques, les pollutions peuvent avoir également des conséquences dramatiques et provoquer le décès.

Quant aux personnes âgées, elles sont fragilisées en raison de toutes les agressions que leur appareil respiratoire ont subies auparavant, y compris les agressions dues aux pollutions.

 

Les allergies respiratoires

Les allergies respiratoires sont en augmentation, et les facteurs environnementaux peuvent expliquer cette évolution.

Selon des enquêtes épidémiologiques, la fréquence de l'asthme a doublé dans les 10 à 15 dernières années. En France, le nombre des décès dus à l'asthme est passé de 1489 en 1980 à 2023 en 1991 (5). Comme nous l'avons vu plus haut, le dioxyde de soufre, le dioxyde d'azote, les poussières en suspension, l'ozone sont particulièrement nocifs pour les asthmatiques.

De nombreuses personnes se plaignent au printemps de souffrir du "rhume des foins" et accusent le pollen des fleurs. Cette explication est étrange, compte tenu de ce que la majorité de nos concitoyens - dont les victimes - vivent maintenant dans les villes et qu'on y trouve fort peu de végétaux ! De même, on accuse les acariens de provoquer des allergies respiratoires. Or les acariens existent de longue date et ce n'est pas à l'époque des aspirateurs qu'on devrait en souffrir le plus.

En fait, il y a des sujets génétiquement prédisposés aux allergies, il y a des allergènes indiscutablement identifiés, mais les pollutions qui agressent l'organisme rendent les sujets prédisposés plus vulnérables aux allergènes.

 

Recommandations de l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser certains seuils de pollutions :

Polluant

Moyennes annuelles

Moyennes journalières

Moyennes horaires

Dioxyde de soufre SO2

50 µg / m3

125 µg / m3

350 µg / m3

Dioxyde d'azote NO 2

150 µg / m3

400 µg / m3

Poussières en suspension Ps

50 µg / m3

125 µg / m3

Monoxyde de carbone CO

30 mg / m3

Ozone O3

150 à 200 µg / m"

Source "Courants d'Air", édité par l'AREMARTOIS, n° 37, janvier 2000.

1 µg / m3 (1 microgramme / m3) = un millionième de gramme par mètre cube d'air.  1mg / m3 (1 milligramme/ m3) = un millième de gramme par mètre cube d'air.

 

 

Les dépassements des

recommandations de l'OMS

Les recommandations de l'OMS sont dépassées de temps en temps dans notre région. Quelques exemples:

pour le dioxyde de soufre le 3 novembre 1998 à Arras avec quatre dépassements horaires et un maximum horaire de 592 µg / m3 ; le 23 novembre 1998 avec une moyenne journalière de 127 µg / m3 ; le 12 juillet 1999 à Courcelles les Lens avec des moyennes horaires de 521 µg / m3 et de 410 µg / m3 ; en septembre 1999 sept fois à Ostricourt avec des moyennes horaires allant de 370 µg / m3 à 555 µg / m3 et une moyenne journalière de 158 µg / m3 et une fois à Evin Malmaison avec une moyenne horaire de 475 µg / m3 ; en octobre 1999 quatre fois à Ostricourt au niveau des moyennes horaires et une fois au niveau de la moyenne journalière et une fois à Evin Malmaison avec une moyenne horaire; en décembre 1999 à Ostricourt avec sept moyennes horaires et deux moyennes journalières ainsi qu'à Courcelles les Lens avec une moyenne horaire et une moyenne journalière et à Evin Malmaison avec quatre moyennes horaires et une moyenne journalière (à Ostricourt un pic de 902 µg / m3 a même été enregistré le 12 décembre) ; en janvier 2000 à Courcelles les Lens avec deux moyennes horaires et à Ostricourt avec une moyenne horaire.

pour le dioxyde d'azote les 13, 14 et 15 mai 1998 à Arras avec des moyennes journalières de 162 µg / m3, 156 µg / m3 et 183 µg / m3 ; à Béthune les 28 et 29 mai 1998 avec des moyennes journalières de 159 µg / m3 et de 154 µg / m3. Le cas d'Arras est caractéristique, car il n'y a pas de grosses émissions d'oxyde d'azote d'origine industrielle dans le secteur ; par contre, cette ville est située à la convergenve de grands axes routiers.

pour les poussières en suspension le 13 mai 1998 à Arras avec une moyenne journalière de 137 µg / m3

Corrélativement, la procédure d'alerte concernant l'ozone a été déclenchée le 13 et le 14 mai.1998.

 

pour l'ozone plusieurs fois en juillet 1999 à Béthune, Lens et Arras (11).

Cela ne signifie pas que les taux de concentration inférieurs aux seuils fixés par l'OMS soient inoffensifs. Ces seuils sont d'ailleurs assez artificiels, ils rassurent sans doute les populations, dans la mesure où les dépassements sont occasionnels dans le temps et localisés dans l'espace, mais l'on peut se poser des questions sur les garanties qu'ils apportent, quand on constate l'augmentation générale des maladies respiratoires.

Indépendamment des pics qui intéressent les médias, les pollutions sévissent aussi de façon permanente . Leurs effets sont moins faciles à mesurer que ceux de pointes brutales en raison de l'interférence de multiples facteurs, mais en raison même de leur action durable sur l'organisme il convient de s'en préoccuper.

 

Les pics de pollution provoquent des effets immédiats sans gravité pour la plupart des individus : toux, maux de gorge, maux de tête, irritation des yeux.

Mais des conséquences plus graves (troubles respiratoires et cardiaques nécessitant une hospitalisation, accroissement de la mortalité) affectent les personnes les plus sensibles.

La pollution quotidienne est non moins préoccupante, car nous la respirons en permanence.

Elle provoque à la fois des effets immédiats et des effets plus insidieux, car retardés : aggravation de l'asthme, atteinte du système immunitaire , diminution de la fonction respiratoire, risques de cancers.

 

COMMENT REDUIRE LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE ?

 

Les solutions sont de deux ordres : des solutions ponctuelles au cas par cas et des solutions générales valables pour l'ensemble de la France.

Les solutions ponctuelles

Au cours des dernières années, toute une réglementation a été mise en place sur le plan national et communautaire fixant des normes à ne pas dépasser, n'interdisant pas la pollution, mais lui fixant des limites. La difficulté est de les faire appliquer , des progrès ont été réalisés, mais de nombreux cas de délinquance écologique existent encore, "l'autorité" publique faisant preuve d'une certaine mansuétude envers les pollueurs.

Les solutions générales

Elles supposent une démarche préventive, basée sur des changements de comportement et d'orientations globaux .

Par exemple, dans le domaine des transports, il ne suffit pas d'agir sur les pointes, il faut agir sur les causes de la pollution permanente. Pour les transports de marchandises sur de longues distances, une utilisation du combiné rail-route et de la voie fluviale, permettrait de réduire considérablement les pollutions dues actuellement au trafic poids lourds.

Dans les zones urbaines, le développement des transports en commun, l'aménagement d'itinéraires cyclables offrant un minimum de sécurité à l'usager, offriraient des alternatives valables à l'utilisation de la voiture individuelle.

Cinquante déplacements sur cent se font sur moins de 3 km : une distance en deçà de laquelle le vélo, voir la marche à pied sont idéaux ; c’est également bien au-delà de cette distance que les pots catalytiques commencent à être efficaces...

L’automobile aura toujours un rôle important à jouer en milieu urbain, mais ce rôle doit être impérativement maîtrisé et progressivement réduit. L’exemple de nombreuses villes suisses, allemandes, italiennes et néerlandaises montre qu’il ne s’agit en rien d’une utopie : l’automobile y assure 40 % des déplacements mécanisés, contre 80% en moyenne dans les viles françaises, le cadre de vie y est devenu agréable, leur cohésion sociale a été renforcée et leur vitalité économique n’en souffre pas, bien au contraire !

Le recours à des carburants propres (GPL, biométhane…) réduirait par ailleurs les pollutions dues aux véhicules routiers.

Dans le domaine des déchets, un moindre gaspillage, une gestion plus rationnelle basée sur le tri sélectif des ordures ménagères, le recyclage, le compostage, la méthanisation réduiraient de beaucoup les pollutions dues actuellement aux incinérateurs.

Pour le chauffage, l'isolation thermique, une orientation optimale des maisons, l'utilisation des énergies renouvelables , solaire, biogaz, bois contribueraient à réduire les pollutions dues à la combustion du charbon et du fuel tout en évitant le recours au nucléaire.

Enfin, le reboisement d'un certain nombre d'espaces ne pourrait qu'être bénéfique dans notre région. De même, dans les milieux urbains la plantation d'arbres dans de bonnes conditions contribuerait à assainir l'atmosphère en fixant les poussières.

Malheureusement les arbres de nos villes subissent eux aussi les agressions des pollutions et en plus ils sont souvent maltraités. Ainsi dans le centre d'Arras plusieurs dizaines d'arbres ont dû être abattus en 1999 pour cause de dépérissement : le macadam venait presque jusqu'au pied de leur tronc et ils avaient été plusieurs fois mutilés par des élagages brutaux.

Des écotaxes suffisamment dissuasives peuvent aider efficacement à ces réorientations.

Les conséquences sur la santé, comme la dégradation du bâti, le coût des accidents, dont la surmortalité des jeunes, et les pertes ou manques à gagner sur notre économie (heures perdues, choix des entreprises pour de nouvelles implantations en fonction de la qualité de vie...) devraient être pris en compte dans le prix des déplacements, car ces frais sont aujourd’hui assumés par la société tout entière. Les coûts externes (accidents, nuisances sonores, maladies respiratoires...) provoqués par le transport routier donnent en effet une idée plus juste et plus efficace de son coût. S'ils étaient intégrés dans ce coût , la réduction de la circulation routière qui s'ensuivrait entraînerait la diminution d'une grande partie des pollutions néfastes pour notre santé.

 

 

QU'A FAIT, QUE FAIT NORD NATURE POUR LUTTER CONTRE LES POLLUTIONS ATMOSPHERIQUES ?

Nord-Nature a agi de trois façons.

Elle est intervenue de façon ponctuelle au cas par cas contre des pollutions, par exemple pour demander aux préfets la mise aux normes ou la fermeture des incinérateurs les plus polluants.

Elle a joué un rôle d'information auprès des décideurs politiques et administratifs et auprès du public, notamment par la diffusion de sa revue (cf. son bulletin spécial sur les pollutions publié en 1989).

Elle a été une force de propositions pour les orientations générales – que l'on trouve dans son Manifeste dès 1977 - et pour leur application selon l'actualité : ainsi elle a montré l'avantage qu'aurait la liaison fluviale Seine Nord par rapport à l'autoroute A 24 .

 

Fédération reconnue, elle a aujourd'hui, en 1999, des sièges dans diverses commissions et elle participe à diverses réunions officielles où ses représentants interviennent pour la protection de l'air :

au Conseil Economique et Social Régional qui donne un avis sur les grands projets régionaux, par exemple sur les infrastructures routières, la liaison Seine Nord etc.

dans les Conseils d'Hygiène du Nord et du Pas-de-Calais: on y examine les projets d'extension d'usines et de régularisation d'usines qui ne respectent pas les normes. Le Conseil d'Hygiène donne son avis sur les prescriptions à leur imposer.

au S3PI ( Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles) de l'Artois.

à des réseaux qui mesurent la qualité de l'air : l'AREMA à Lille-Métropole, l'AREMARTOIS sur les arrondissements de Béthune, Lens et Arras, l'AREMASSE sur les arrondissements de Douai, Valenciennes Cambrai et la vallée de la Sambre. Cela permet à Nord-Nature d'être régulièrement informée des données concernant la qualité de l'air, et, éventuellement, de demander que d'autres mesures soient effectuées. Notons qu'une association affiliée à Nord-Nature, l'ADELFA, assiste aux réunions d'OPAL'AIR (appelée autrefois AREMAD) qui mesure la qualité de l'air sur les arrondissements de Calais, Dunkerque, St.Omer, Boulogne et Montreuil.

aux réunions de travail du Plan Régional de la Qualité de l'Air (PRQA), outil d'information et d'orientation au niveau régional par le Préfet de Région pour "prévenir et réduire la pollution atmosphérique et en atténuer les effets".

aux réunions de travail des Plans de Protection de l' Atmosphère (PPA) de Lille, Valenciennes, Lens Béthune. Ces plans, élaborés par les Préfets, concernent les agglomérations de plus de 250 000 habitants et les zones où les valeurs limites de pollutions sont dépassées ou risquent de l'être. Ils ont pour objectif de ramener à l'intérieur de la zone concernée la concentration des polluants à un niveau inférieur aux valeurs limites et de prévoir la procédure d'alerte.

aux réunions de préparation des Plans de Déplacements Urbains (PDU) de Lille, Arras . Ces plans, institués en 1982, avaient comme objectifs une "utilisation plus rationnelle de la voiture", une circulation fluide, mais n'abordaient pratiquement pas l'aspect environnemental ! Aujourd'hui, ils sont enfin élargis à une dimension environnementale, la loi de 1996 leur assignant comme objectif "un usage coordonné de tous les modes de déplacements notamment par une affectation appropriée de la voirie ainsi que la promotion des modes les moins polluants et les moins consommateurs d'énergie".

Ces PDU sont obligatoires pour les agglomérations urbaines de 100 000 habitants et plus. L'agglomération d'Arras n'atteignant pas ce chiffre, l'élaboration du PDU est une démarche volontaire de la Municipalité. Les nombreuses interventions effectuées par Nord-Nature-Arras sur le problème des transports n'y sont sans doute pas étrangères.

en principe aux réunions de travail des Plans d'Elimination des Déchets Ménagers du Nord et du Pas-de-Calais…quand elles ont lieu.

dans les Commissions Locales d'Information et de Surveillance d'usines à problèmes rejetant des polluants atmosphériques.

On peut regretter que les diverses commissions travaillent de façon sectorielle et que dans les faits l'application des mesures proposées soit très lente. Nord-Nature n'est pas maîtresse du jeu, mais elle contribue à faire avancer les choses.

 

 

QUE PEUVENT FAIRE LES PARTICULIERS ?

De son côté, le citoyen ne doit pas se cantonner à un rôle de victime de la pollution. il peut devenir acteur de la protection de la qualité de l'air en triant ses déchets, en optant, quand c'est possible, pour les transports en commun, le vélo ou la marche à pied. En tant que consommateur, il peut renoncer à l'acquisition d'objets superflus, acheter de préférence des produits locaux et des produits dont la fabrication et l'utilisation polluent peu (porter son choix sur ceux auxquels a été décerné un écolabel), etc.

 

 

REFERENCES

(1) "L'Industrie au regard de l'Environnement en 1998", Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE), édition 1999.

(2) Enquêtes CITEPA, chiffres 1994 cités par la DRIRE dans "L'Industrie au Regard de l'Environnement", édition 1999.

(3) Rapport CITEPA juillet 1997.

(4) « Air Pur », bulletin du Comité Régional Nord-Pas-de-Calais de l'A.P.P.A. n° 53, 1997.

(5) « Air Pur », bulletin du Comité Régional Nord-Pas-de-Calais de l'A.P.P.A., n° 49, 1995.

(6) Revue Epidémies et santé, 1977, enquête citée dans le rapport du Plan Régional pour la Qualité de l’Air du 28 février 2000.

(7) « Pollutions atmosphériques de type urbain et affections respiratoires aigües », enquête de Lille 1978-1979, Comité Régional de l’APPA, 1981.

(8) « Pollution atmosphérique et affections respiratoires aigües », enquête épidémiologique de Dunkerque 1981-1982, Union internationale des associations pour la prévention de la pollution atmosphérique, VIème congrès mondial pour la qualité de l’air, Paris, mai 1983.

(9) « Air Pur » , bulletin du Comité Régional Nord Pas-de-Calais de l’A.P.P.A., , n°48, 1995.

(10) C.Declercq et Y.Maquet, « Effets à court terme de l’ozone sur la santé respiratoire d’enfants d’Armentières », communication orale, colloque épidémiologie et santé, octobre 1999.

(11) « Courants d’air », édité par l’AREMARTOIS 1998, 1999.

 

 

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